« Trouver chaussure à son pied … ! »

Trouver chaussure à son pied, un impératif de santé publique selon le Dr Goldcher

« Les individus qui portent à l’âge adulte, et pendant toute leur vie, une chaussure trop étroite finissent par devenir des patients. » Les choses sont dites. Le Dr Alain Goldcher, podologue attaché à la Pitié-Salpêtrière, ne marche pas sur des œufs dans sa communication sur les douleurs des pieds à l’Académie nationale de médecine. Il souligne l’importance pour chacun de connaître sa pointure « réelle » et invite les fabricants à avoir « l’honnêteté de marquer cette pointure réelle sur leurs produits ».

En France, les chaussures les plus étroites du monde

Le spécialiste insiste sur la difficulté à se chausser confortablement en France, où les largeurs de chaussures standardisées proposées par l’industrie sont « les plus étroites du monde, surtout pour les femmes ».

Les conflits entre le pied et la tige de la chaussure génèrent des pathologies fréquentes en consultation de podologie médicale, explique-t-il : hallux valgus douloureux, métatarsalgie, syndrome de Morton, syndrome capitométatarsien, bursopathie, fracture de fatigue, dermatoses mécaniques… autant de maux évitables si des mesures simples étaient prises pour faciliter à chacun l’accès à sa juste pointure. « Quelques mesures sont à prendre en compte, pour lesquelles il suffit de se munir d’un simple mètre de couturier ». Soit la longueur et la largeur du pied, et la largeur dite « en points de Paris » ou « points français », l’unité de pointure française. Cette dernière valeur ne dépasse pas 6 dans une chaussure française pour femme et 7 dans un modèle pour homme. Un pied ayant une largeur supérieure à 7 pour une femme et 8 points pour un homme présente donc un risque de voir apparaître une pathologie par compression.

Des moyens de prévention mal connus

« Il existe plusieurs moyens de prévention pour éviter un traitement chirurgical inadapté ou des lésions par conflit pied/chaussure, mais ils semblent mal connus, regrette le Dr Goldcher. Les chaussures thérapeutiques de série sont accessibles. Elles coûtent une centaine d’euros la paire et sont prises en charge à hauteur de 71 euros par l’Assurance-maladie, pour les personnes dont la largeur en points français est comprise entre 8 et 11. Au-delà, cette prise en charge est de 100 %. » En tout état de cause, « devant toute pathologie du pied, le premier réflexe du médecin devrait être la mesure de la pointure réelle en longueur et en largeur, et de la noter dans le dossier du patient », préconise le podologue.

Imposer un marquage obligatoire pour les chaussures thérapeutiques

Le Dr Goldcher suggère en outre d’imposer aux fabricants dont les chaussures thérapeutiques de série bénéficient d’une prise en charge par les organismes sociaux, « qu’ils indiquent clairement la pointure réelle (longueur et largeur) par un marquage obligatoire, sur la semelle ou à l’intérieure de la tige, ainsi qu’une notice précisant les effets d’un chaussage trop étroit ». Arguant enfin que, la chaussure n’étant pas seulement un élément vestimentaire mais « une orthèse du pied », l’Académie nationale de médecine, « de par sa fonction », peut jouer un rôle déterminant « pour améliorer le confort du pied à la marche, éviter de nombreuses pathologies douloureuses et/ou invalidantes et le recours à des traitements inutiles, parfois iatrogènes, et coûteux pour les organismes sociaux ».

Calculer la juste pointure

La longueur du pied se mesure en centimètres du talon à l’extrémité du gros orteil.

La largeur est établie par le périmètre de la plus large partie de l’avant-pied.

Le calcul de la pointure revient à convertir la longueur (exprimée en cm), en points français (1 cm = 3/2 points français). En pratique, il suffit de mesurer son pied en centimètres puis de diviser le résultat obtenu par 0,666 cm.

La largeur en points français se calcule selon la formule suivante : 2 x largeur (en cm) – longueur en centimètres

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